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La guerre menée depuis la province

l’état-major du « Corps germano-néerlandais »

von: Michael Schulze von Glaßer | Veröffentlicht am: 9. Januar 2009

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Münster est le siège de l’état-major du « Corps germano-néerlandais » et, ce faisant, un rouage important de la politique belliciste de l’OTAN.

Au 71 de la Hindenburgplatz de l’ancienne capitale de Westphalie, on trouve un grand bâtiment blanc surmonté d’un toit noir. Devant celui-ci flottent sur plusieurs mâts les drapeaux nationaux de différents États – les couleurs nationales de l’Allemagne et des Pays-Bas figurant au premier plan, juste à côté des drapeaux de l’Union européenne et de l’OTAN. Ce bâtiment insignifiant situé à proximité du château historique est le siège de l’état-major du « 1er Corps germano-néerlandais » [1] et dans le même temps, un important quartier général de l’OTAN.

Chronologie d’un quartier général de guerre

L’idée de créer une unité militaire binationale remonte à 1991. L’inauguration de la nouvelle unité, formée à partir du « 1er Corps allemand » et du « 1er Corps néerlandais » eut lieu le 30 août 1995, en présence du chancelier fédéral de l’époque, Helmut Kohl, et du premier ministre néerlandais Wim Kok. [2] Dès le début, la défense du territoire de l’OTAN fut la mission principale du « 1er Corps germano-néerlandais », qui intégra rapidement l’unité de défense principale de l’OTAN. En 1999, l’unité fut choisie pour devenir un quartier général de Forces à haute disponibilité dans le cadre de l’OTAN (NATO High Readiness Force Headquarter). Ayant atteint la pleine capacité opérationnelle complète (FOC : Full Operational Capability) en novembre 2002, le « 1er Corps germano-néerlandais » devient une unité du Groupe des forces interarmées multinationales (CJTF : Combined Joint Task Force) : il est ainsi en mesure d’intervenir dans le cadre de missions militaires de l’OTAN dans un délai de 20 à 30 jours. À partir de février 2003, le Corps germano-néerlandais de Münster assure pendant six mois, en tant que quartier général, la coordination de la mission militaire ISAF en Afghanistan. Étape suivante : les militaires allemands et néerlandais aspirent à devenir le quartier général d’un commandement d’une composante terrestre (LCC : Land Component Command Headquarter) au sein de la force de réaction rapide de l’OTAN (NRF : NATO Response Force). Ce moment marque définitivement le passage au second plan de la défense territoriale et la réorganisation du quartier général de Münster au profit du commandement de guerres d’agression. Pour ce faire, le corps fut subordonné pendant un an, à partir de 2004, au Commandement de forces interarmées de l’OTAN (NATO Joint Forces Command) basé à Naples, en Italie. En janvier 2005, l’unité militaire prit le commandement de la composante terrestre de la force de réaction rapide de l’OTAN (NATO Response Force Land Component Command). La direction de cette force de l’OTAN est assurée suivant une rotation semestrielle par six sites de l’OTAN. Le quartier général a reçu le nom de NRF-4 – il est donc le 4e quartier général depuis la création de la force d’intervention rapide de l’OTAN. Durant l’année 2006, le Corps germano-néerlandais procéda à quelques exercices militaires d’ampleur plus réduite. En 2007, l’unité se prépara, à travers six exercices d’intervention, à reprendre le commandement de la force de réaction rapide de l’OTAN, qu’il assura durant le premier semestre 2008 (en tant que NRF-10). Le 2 juillet 2008, le Corps basé à Münster transmit la quartier général de l’OTAN à la France. Selon la rotation en vigueur jusqu’à présent, le 1er Corps germano-néerlandais devrait commander à nouveau la force de réaction rapide de l’OTAN en 2011. En janvier 2009, le commandant en chef du Corps a communiquer que 400 militaires, hommes et femmes, seront déployés à partir du mois d’août pour six mois en Afghanistan, en appui à la mission ISAF. 170 membres du Corps renforceront le quartier général de l’ISAF à Kaboul ; le Corps germano-néerlandais jouera ainsi à nouveau un rôle de commandement dans la guerre en Afghanistan. Entre temps, douze nations ont rejoint le Corps basé à Münster : Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Danemark, France, Grèce, Italie, Norvège, Espagne, Turquie, Grande-Bretagne et États-Unis.

Quartier général de guerre à l’échelle mondiale

Le « Staff Support Battalion » (soutien logistique), basé à Münster, et le « Communications and Information Systems Battalion » (systèmes de transmission), basé à Eibergen et Garderen (Pays-Bas), sont placés en permanence sous les ordres du 1er Corps germano-néerlandais. Le Corps lui-même est donc relativement réduit – les unités de l’OTAN sous son commandement pendant la direction de la force de réaction rapide sont d’autant plus nombreuses.

Les troupes de la NRF-4 comprenaient environ 8 500 soldats, provenant d’Allemagne, des Pays-Bas, d’Espagne, de France, de Turquie, du Danemark et de Norvège. Lors de l’exercice IRON SWORD de l’OTAN, en mai et juin 2005, le 1er Corps germano-néerlandais a mis à l’épreuve pour la première fois sa capacité d’engagement pour la force de réaction rapide de l’OTAN : plus de 6 000 soldats et 2 500 véhicules de six pays différents furent transportés sur un terrain d’exercice militaire en Norvège. [3] Le scénario prévoyait un conflit entre trois nations imaginaires – la présence de groupes criminels et terroristes dans ces États fictifs étant également simulée. Les troupes de l’OTAN devaient envahir les pays pour les contraindre à la paix. L’objectif principal de l’exercice était le déplacement rapide des forces armées de l’OTAN. Malgré deux petits accidents le long des 300 kilomètres de route de campagne menant au terrain d’exercice au nord-est d’Oslo, le scénario d’invasion s’est déroulé comme prévu.

La force de réaction rapide de l’OTAN commandée à intervalles réguliers depuis Münster doit pouvoir intervenir en cinq jours en n’importe quel point du globe. [4] En cas d’urgence, le quartier général de Münster peut, selon ses propres déclarations, commander jusqu’à 60 000 soldats [5], ce qui est une capacité énorme.

La guerre menée depuis la province

Peu de gens savent que l’intervention militaire de l’ISAF en Afghanistan a été dirigée temporairement depuis Münster. L’importance de ce quartier général pour l’OTAN est elle aussi relativement méconnue. Dans l’opinion publique (locale), les militaires se montrent pacifiques, par exemple, en plantant de nouveaux arbres dans le parc de la ville, dévasté par la tempête Kyrill. [6] Ces « militaires de province » ont toutefois montré leur vrai visage lors de l’exercice d’invasion IRON SWORD de l’OTAN. L’orientation guerrière offensive de l’alliance militaire est apparue sous le commandement germano-néerlandais. En tant que l’un des quartiers généraux de la force de réaction rapide de l’OTAN, le 1er Corps germano-néerlandais de Münster est un élément de la stratégie d’agression à l’échelle mondiale de l’OTAN – des opérations militaires dans le monde entier peuvent être mises sur pied en cinq jours depuis Münster.
Et ce, alors que l’exercice IRON SWORD semble déjà à lui seul incompatible avec la Loi fondamentale allemande. [7]

En promouvant la force d’intervention rapide de l’OTAN, les responsables militaires poussent en outre à déposséder définitivement les parlements de leur pouvoir, au profit du Conseil de l’Atlantique Nord [8] – en effet, les interventions peuvent aujourd’hui être souvent réalisées plus vite qu’elles ne sont discutées et décidées par les parlements.
Le 1er Corps germano-néerlandais est un rouage important, mais peu connu de l’opinion publique, de cette politique belliciste de l’OTAN.

Remarques

[1] www.1gnc.de
[2] Présentation du « 1er Corps germano-néerlandais »
[3] www.1gnc.de
[4] IMI Standpunkt 2003/111 – Claudia Haydt, « NATO Response Force – die ultimative Koalition der Willigen » [La force de réaction rapide de l’OTAN, ultime ‘Coalition des Volontaires’] – www.imi-online.de
[5] Brochure du « 1er Corps germano-néerlandais » sur la participation à IRON SWORD
[6] www.1gnc.de
[7] Loi fondamentale de la République fédérale d’Allemagne, article 26 [Interdiction de préparer une guerre d’agression] (1) : « Les actes susceptibles de troubler la coexistence pacifique des peuples et accomplis dans cette intention, notamment en vue de préparer une guerre d’agression, son inconstitutionnels. Ils doivent être réprimés pénalement. »
[8] Des représentants de tous les États membres de l’OTAN siègent au Conseil de l’Atlantique Nord.

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