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Politique nucléaire agressive et défense antimissiles de l’OTAN


von: Arno Neuber | Veröffentlicht am: 5. Januar 2009

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La mise en place d’une défense antimissiles en Europe figurera en avril 2009 à l’ordre du jour du Sommet de l’OTAN, dont la stratégie y sera par ailleurs débattue. S’agissant de défense antimissiles, l’OTAN a désormais lancé deux programmes, le premier étant le « système de défense active multicouches contre les missiles balistiques de théâtre » (Active Layered Theatre Ballistic Missile Defence System, ALTBMD). La première tranche de ce système d’armes conçu pour protéger les corps expéditionnaires à l’étranger devrait être opérationnelle d’ici 2010. À cette fin, divers États membres de l’OTAN fourniront les capteurs et les composantes des armes, tandis que l’OTAN en son entier se chargera des structures de commandement (BMC3I – système de commandement, de contrôle, de communication et de renseignement pour la gestion tactique). La réalisation de ce projet aura un coût annoncé d’environ 800 millions d’euros, dont 18 % à la charge de l’Allemagne.[1] Il est en outre prévu d’intégrer à ce système le projet américano-germano-italien controversé MEADS de défense aérienne élargie à moyenne portée (Medium Extended Air Defence System). [2]

Lors du Sommet d’Istanbul en 2004, les chefs d’État et de gouvernement des États membres de l’OTAN sont convenus d’accélérer les plans de défense antimissiles. Ils ont approuvé la mise en place d’une organisation de gestion du programme sous l’égide de la Conférence des Directeurs nationaux des armements (CDNA) qui fonctionne depuis mars 2005. En septembre 2006, au Sommet de Riga, le système ALTBMD a fait l’objet d’un premier contrat de développement, d’un montant approximatif de 75 millions d’euros, entre l’OTAN et un consortium de sociétés des États-Unis, de Grande-Bretagne, d’Allemagne, de France, d’Italie et des Pays-Bas.

Le Sommet de Prague qui s’est tenu en 2002 a été l’occasion de commander une étude de faisabilité concernant un second programme de défense antimissiles dont l’objectif, autrement plus ambitieux, est de protéger le territoire de l’OTAN et les plus grands centres de population. Vu que l’élaboration en a été confiée précisément à un consortium de sociétés d’armement fortement et naturellement intéressées par un tel bouclier[3], on ne s’étonnera pas que cette étude de 10 000 pages, tenue jusqu’ici confidentielle, soit parvenue à la conclusion qu’une défense antimissiles couvrant la superficie de l’OTAN est techniquement réalisable dans son principe. Quant à savoir si les directions politiques des membres de l’OTAN connaissent véritablement la teneur de cette étude, on peut en douter. Néanmoins, ses conclusions ont été confirmées par les ministres de la « Défense » en avril 2006. Une fois déployé dans toutes ses phases, ce système devrait coûter entre 27,5 et 30 milliards d’euros, et 40 milliards ou davantage en tenant compte des indispensables satellites d’alerte précoce.[4] Enfin, lors du Sommet de l’OTAN en avril 2008 à Bucarest, le Conseil de l’OTAN a été chargé « d’élaborer des options d’une architecture étendue de défense antimissiles afin de couvrir la totalité du territoire et la population de l’Alliance qui ne sont pas abrités par le parapluie américain. Elles seront examinées lors de notre Sommet de 2009 afin d’étayer toute décision politique future ».[5]

Parfaitement à l’inverse de toutes les assurances au rabais, ces projets de défense antimissiles ne concernent aucunement la défense, mais bien la capacité d’attaque. Même la Fondation Science et Politique, bien que proche du gouvernement, déclare « que les éléments dont nous disposons aujourd’hui ne permettent guère de douter de l’inexistence actuelle de risques et de menaces qui justifieraient la mise en place d’une architecture de défense antimissiles ». L’auteur relie l’importance de la défense antimissiles à la politique interventionniste de l’OTAN et de l’UE. « Qu’il s’agisse de l’OTAN (NRF, Force de réaction de l’OTAN) ou de l’Union européenne (groupements tactiques de l’UE), l’Allemagne fournit une part considérable des forces d’intervention rapide (…) Au cas où un État, contre lequel une intervention de la communauté internationale est devenu incontournable, aurait les moyens de menacer la République fédérale d’un recours à des armes de destruction massive, il s’ensuivrait une situation stratégique radicalement transformée. » [6]

L’OTAN et les armes nucléaires

En adoptant un nouveau concept stratégique lors du Sommet de Washington en avril 1999, l’OTAN se muait une fois pour toutes en une alliance interventionniste à l’échelle mondiale. Tout en menant en Yougoslavie une guerre d’agression collective contraire au droit international, elle décidait par ailleurs de ne plus réfléchir à l’éventuelle renonciation à la première frappe nucléaire, tel que l’avait brièvement mis en débat Joschka Fischer, ancien ministre allemand des Affaires étrangères. Au contraire, les armes nucléaires devaient continuer à jouer pour l’OTAN un rôle essentiel « en maintenant tout agresseur dans le doute quant à la façon dont les Alliés riposteraient en cas d’agression militaire. »[7]

En janvier 2002, le rapport secret d’examen de l’arsenal nucléaire américain (Nuclear Posture Review[8]) décrivait les armes nucléaires comme une option militaire quasi normale dans l’arsenal américain. La Russie, la Chine, l’Irak, l’Iran, la Corée du Nord, la Libye et la Syrie étaient qualifiés d’« États voyous » qui pourraient être visés par une éventuelle frappe nucléaire américaine. La mise au point d’« armes anti-bunker » et de « minibombes nucléaires » devait faire de l’atome un instrument utilisable sur le plan tactique. Enfin, l’usage de l’arme nucléaire était également projeté « en cas d’évolutions militaires surprenantes ».

La Stratégie nationale de sécurité de septembre 2002[9] proclame que le but suprême de la politique des États-Unis est d’assurer leur domination. Dès lors, l’éventualité d’une guerre d’agression contre un quelconque pays est un moyen éprouvé d’empêcher qu’une menace contre les États-Unis et leurs intérêts ne puisse à l’avenir émaner de ce pays. Le préalable en est l’absolue supériorité militaire des forces américaines. « En effet, en s’arrogeant le droit d’intervenir à l’échelle globale, les États-Unis portent immanquablement atteinte aux intérêts stratégiques d’autres pays. Pour que ces pays se tiennent tranquilles et ne puissent causer aucun dommage, il faut que la supériorité américaine soit imposante. » [10] C’est dans ce contexte précisément qu’un bouclier de défense prend toute sa signification. Pour Robert Kagan et William Kristol, deux néoconservateurs très en vue, « un système antimissiles [est] … la condition sine qua non d’une stratégie de prédominance américaine … Seule une Amérique bien protégée sera en mesure de dissuader des États voyous – et si nécessaire de s’affronter à eux – s’ils mettaient la stabilité régionale en péril ».[11]

Il y a longtemps que non seulement cette stratégie figure sur le papier, mais que ses orientations également ont « déjà été intégrées à la planification concrète des objectifs (des forces nucléaires) ».[12] Enfin, en janvier 2008, le journal britannique The Guardian faisait état d’un document stratégique dans lequel cinq anciens généraux de l’OTAN conjuguaient à tous les modes la stratégie de guerre nucléaire des États-Unis pour l’OTAN. Sous le titre « Towards a Grand Strategy for an Uncertain World », John Shalikashvili (ex-commandant en chef de l’OTAN en Europe), Klaus Naumann (ex-président du Comité militaire de l’OTAN), Henk van der Bremen (ex-commandant en chef des Armées néerlandaises), Jacques Lanxade (ex-chef d’état-major des Armées françaises) et Lord Inge (ex-chef d’état major britannique) propagent l’idée d’une première frappe nucléaire pour empêcher que des États comme l’Iran n’accèdent à l’arme atomique. « Dans l’arsenal de l’escalade, il faut que la première frappe nucléaire puisse rester cet ultime avertissement permettant d’éviter le recours à des armes de destruction massive. »[13]

Le 21 avril 2008, un sujet du magazine « Fakt » diffusé par l’ARD donnait à Klaus Naumann l’occasion de parler de ce document : « C’est à dessein que nous avons dit qu’il n’existait dans notre arsenal aucune arme dont nous excluions d’emblée l’emploi. C’est alors seulement que s’accroît le facteur d’incertitude dans le calcul de l’adversaire. » [14] « Fakt » cite les auteurs du document à propos d’un possible emploi de l’arme nucléaire contre des terroristes ou des « États voyous » : « Cet argument ultime de la politique peut être parfaitement retenu comme une option première. »[15] À l’évidence, cette stratégie est approuvée même par de hauts officiels de l’UE, ainsi Robert Cooper, conseiller principal de Javier Solana, Haut Représentant de l’UE pour la PESC : « Peut-être emploierons-nous l’arme atomique plutôt que tous les autres, mais je me garderais de le dire à haute voix. » [16]

Il n’est donc guère étonnant que l’hypothèse d’une première frappe nucléaire ait été sérieusement débattue à huis clos lors du Sommet de l’OTAN à Bucarest en avril 2008 : « Selon des informations du journal parisien ‘Le Canard Enchaîné’, le Sommet de l’OTAN de Bucarest débattra non seulement des points officiels à l’ordre du jour, mais aussi en coulisses du recours à des bombes nucléaires miniaturisées. (…) Les frappes nucléaires préventives visent à empêcher la dissémination d’armes de destruction massive à l’ère du terrorisme, une idée appuyée par plusieurs chefs militaires de l’OTAN. Ceci étant, un tel recours contre un État jugé dangereux n’est pas exclu. Les États-Unis ont mis au point des ‘minibombes nucléaires’. La France y avait renoncé en son temps. Le 21 mars, dans un discours consacré à la doctrine nucléaire de son pays, le président Nicolas Sarkozy déclarait que les armes nucléaires permettaient de lancer ‘un avertissement’ à un agresseur. » [17]

La défense antimissiles des États-Unis et la « nouvelle Europe »

Lors des pourparlers menés avec la Pologne et la République tchèque sur le stationnement de composantes de son système antimissiles, l’Administration Bush avait démontré une fois de plus qu’elle n’attachait aucune importance à une fastidieuse concertation avec ses partenaires de l’OTAN, mais qu’elle faisait prévaloir ses intérêts en cavalier seul. Mais en même temps, elle sollicite volontiers l’aide de l’OTAN. Ainsi, Washington n’oublie pas de remarquer « que le Secrétaire général de l’OTAN, Jap de Hoop Scheffer, a expressément souligné que les Alliés étaient persuadés qu’un système antimissiles n’aurait aucune incidence sur l’équilibre stratégique avec la Russie. » [18]

En Alaska et en Californie, les États-Unis ont déjà déployé respectivement dix et cinq intercepteurs (Ground-based Interceptors – GBI) de leur défense antimissiles basée au sol pour la poursuite à mi-course (Ground-based Midcourse Missile Defense System – GMDS). Au total, 44 GBI sont prévus jusqu’en 2013. Bien qu’en 1997 l’OTAN eût assuré la Russie qu’elle ne déploierait pas de potentiels militaires stratégiques dans ses nouveaux États membres, le positionnement prévu de dix missiles basés au sol avec intercepteurs en Pologne et d’un radar de bande X à haute définition en République tchèque fait partie intégrante du bouclier américain. Officiellement, Washington justifie ce déploiement antimissiles en prétextant que le territoire américain serait sous la menace de missiles intercontinentaux iraniens, un argument dénué de la moindre crédibilité. L’Iran en effet, à supposer qu’il en ait militairement l’intention, ne dispose pas des missiles nécessaires, et il est « encore loin d’avoir acquis l’aptitude technologique à la miniaturisation de têtes nucléaires (…), ce qui est indispensable pour les embarquer sur des vecteurs balistiques à long rayon d’action. » [19]

La Russie dans le collimateur

C’est ailleurs qu’il faut chercher les raisons véritables de la fébrilité des efforts américains dans le domaine de la défense antimissiles : « L’objectif globalement recherché par les États-Unis en tant que puissance mondiale est de conserver leur capacité d’action nucléaire et conventionnelle, entre autres vis-à-vis d’États qui sont ou seront eux-mêmes dotés d’armes nucléaires », estiment Frank Elbe, ancien directeur du Centre d’analyse et de prévision du ministère fédéral des Affaires étrangères et Ulrich Weisser, ancien directeur du Centre d’analyse et de prévision du ministère fédéral de la Défense. Raison pour laquelle, à leur sens, l’administration Bush, en dénonçant en 2002 le Traité ABM interdisant la mise en œuvre d’un bouclier territorial étendu « a laissé s’écrouler un important pilier de l’édifice international du contrôle stratégique des armements » et « invalidé le principe d’un équilibre stratégique savamment étudié entre la Russie et l’Amérique. » [20]

De même des voix venues d’Amérique confirment-elles que la défense antimissiles n’est pas pensée en termes de défense, mais d’attaque. Dans la revue Foreign Affairs, la première en matière de politique étrangère aux États-Unis, Keir A. Lieber et Daryl G. Press décrivent le programme américain de défense antimissiles comme un instrument d’une nouvelle guerre froide contre la Russie et la Chine : « Les États-Unis aspirent-ils résolument à la domination nucléaire ? … Les forces nucléaires actuelles et futures des États-Unis semblent conçues pour une décapitation préventive de la Russie ou de la Chine. (…) Le type de défense antimissiles qui sera vraisemblablement déployé par les États-Unis prendrait tout son sens premier dans un contexte offensif – et non pas défensif – comme complément à une capacité américaine de première frappe, et non pas comme un bouclier proprement dit. »[21]

La puissante station radar de bande X que les États-Unis se proposent d’installer en République tchèque sera capable « d’observer les tests en vol de la Russie et le largage de têtes multiples par des fusées russes de type ICBM (Missile balistique intercontinental) ». [22] Le radar peut « détecter précisément des fusées intercontinentales, suivre leur trajectoire et différencier les ogives nucléaires des leurres – et par conséquent fournir des données fiables sur une mise à feu. » [23] Depuis 1998, les États-Unis disposent déjà à Vardø (Norvège) d’une telle installation qui, de l’avis d’experts, sert à surveiller les expérimentations de fusées russes. « Avec un second radar de bande X dont le stationnement est prévu à proximité de l’île de Shemya (Aléoutiennes), il serait possible d’observer toutes les trajectoires des missiles russes de longue portée lancés à partir du centre d’expérimentation de Plessetsk, proche d’Archangelsk au nord-ouest de la Russie, en direction de Kura, sur la presqu’île du Kamtchatka. De surcroît, si le radar de bande X Cobra Dane basé en mer près de l’île de Shemya était mis en réseau avec le système prévu en République tchèque, il serait même possible de surveiller tous les missiles intercontinentaux stationnés sur le sol russe et qui pourraient être dirigés sur les côtes ouest et est des États-Unis. Les systèmes de vecteurs seraient alors connus, de même que les propriétés des ogives et des leurres russes. Ces données pourraient être entrées dans la banque de données centrale du National Missile Defense, ce qui permettrait de savoir à tout moment, de quelle manière et par quels moyens la partie russe entendrait réagir dans le cas des cas. » [24]

Le stationnement, d’ores et déjà en débat, d’un radar supplémentaire dans le Caucase permettrait en outre d’observer les cosmodromes de Baïkonour et de Kapustin Yar. [25] Des experts jugent possible que des intercepteurs basés en Pologne « puissent intercepter des ogives russes dirigées vers les États-Unis (…). En outre, les intercepteurs stationnés en Pologne pourraient être reconvertis en armes offensives munies de charges – nucléaires peut-être – et conventionnelles en tout cas. Les stratèges militaires russes les considéreraient, en raison de leur proximité géographique, comme une lourde menace pesant sur leurs propres silos abritant des missiles nucléaires. » [26]

Mais la Russie redoute avant tout qu’on n’en restera pas au stationnement de missiles en Pologne. D’autres pas de tir, d’ores et déjà débattus, se situeraient en Roumanie et en Bulgarie, en Ukraine et en Géorgie. Côté russe, on s’attend à ce qu’après la Pologne, un nouveau site de stationnement puisse être mis tous les ans en service. En parallèle, il faut compter d’ici à 2020 avec une forte réduction des missiles intercontinentaux russes pour cause d’obsolescence. La Russie n’aura guère les moyens financiers de renforcer ses armes nucléaires embarquées sur des sous-marins. Ainsi, « une multiplication drastique du nombre d’intercepteurs basés dans l’Est de l’Europe, en se combinant avec leur montée en puissance technique (par exemple Multiple Kill Vehicles), pourrait éroder la capacité de seconde frappe de la Russie et par là-même la substance même de la logique de dissuasion. » [27]

Les préoccupations russes sont accentuées par le refus, réaffirmé jusqu’ici par Washington, de proroger le traité START I – qui expire en 2009 et limite le nombre de missiles nucléaires intercontinentaux et d’ogives–, par la signature d’une convention qui permettrait des contrôles véritables. Les États-Unis n’ont pas ratifié le traité SALT II (Strategic Arms Limitations Talk). Sur les instances sans cesse renouvelées de la Russie exigeant un accord, les États-Unis se sont déclarés disposés à signer le traité SORT (Strategic Offensive Reductions Treaty) qui prévoit une limitation des armes nucléaires stratégiques d’ici à 2012. Toutefois, ce traité constitue « une solution taillée sur mesure pour les États-Unis », et par là-même « une nouvelle défaite pour la Russie ». [28] Si le traité SORT autorise les États-Unis et la Russie à maintenir en service opérationnel de 1 700 à 2 200 têtes nucléaires stratégiques de part et d’autre, il ne contient toutefois guère d’instruments de contrôle et laisse la porte ouverte au stockage d’armes nucléaires « neutralisées », mais non pas éliminées. On estime que les États-Unis détiennent en réserve un supplément de 5 000 ogives intactes ainsi que les composantes de 12 000 autres qui pourraient être rapidement réassemblées. Les missiles intercontinentaux Peacekeeper et leurs silos seront simplement encoconnés. La Russie, par contre, n’est pas en mesure d’entreposer et d’entretenir à grands frais un nombre si important d’ogives. Ainsi, « le Traité SORT doit s’interpréter comme étant le fondement d’une supériorité potentielle des États-Unis dans la stratégie nucléaire. » [29]

Les États-Unis voient donc s’accroître sensiblement leurs capacités d’annihiler le potentiel de riposte de la Russie par une première frappe surprise, de même que la possibilité d’en user comme d’un instrument de chantage. Selon Vladimir Poutine, président russe à l’époque de cette déclaration du début 2007, le bouclier antimissiles américain en Europe de l’Est revêt pour la Russie une dimension comparable à celle du déploiement de missiles Pershing-2 dans le cadre de ladite double résolution de l’OTAN du 12 décembre 1979. [30]

La réaction russe

Face à ces projets américains menaçants, Vladimir Poutine, alors président de la Russie, allait perdre patience lors de la Conférence de sécurité de l’OTAN qui s’est tenue à Munich début 2007. Il prenait alors la liberté « d’éviter les formules de politesse superflues » et d’appeler les choses par leur nom au lieu de faire assaut de « clichés diplomatiques vides de sens ». [31] Il fustigeait vivement les doubles standards de la politique des États-Unis et de l’OTAN. Aux yeux de la Russie, l’élargissement de l’OTAN est « un facteur représentant une provocation sérieuse ». Vladimir Poutine a récusé la crédibilité des arguments avancés pour justifier une défense antimissiles et déclaré qu’une « relance de la course aux armements » serait « inévitable » en cas de déploiement.

En mai 2007, l’armée russe a testé le RS-24, nouveau missile intercontinental mobile à têtes multiples visant à perforer la défense antimissiles. Depuis lors, la flotte de bombardiers russes porteurs de bombes nucléaires opérationnelles a repris ses vols ininterrompus. Le niveau d’alerte des forces nucléaires a été relevé. Lors du Sommet du G8 qui s’est tenu à Heiligendamm en juin 2007, Vladimir Poutine a proposé, au cas où les États-Unis renonceraient à une station radar en République tchèque, d’utiliser conjointement une station radar en Azerbaïdjan (Gabala). Celle-ci serait orientée plus favorablement vers l’Iran, sans pouvoir observer aussi bien le territoire russe. L’attitude évasive des États-Unis exprime éloquemment leurs intentions réelles, raison pour laquelle Moscou contre-réagissait en remettant en question sa future participation à d’importants accords de contrôle des armements.

Dans son message annuel adressé au Parlement russe début novembre 2008, le président russe Dmitri Medvedev finissait par annoncer le déploiement de missiles (de type Iskander-N) à court rayon d’action (500 km) dans l’exclave russe de Kaliningrad. Ainsi, la Pologne, mais aussi des pans de la République tchèque et de l’Allemagne deviendraient des zones potentiellement visées par des missiles russes.[32]

La position allemande

Seules des critiques tempérées viennent d’Allemagne contre les projets américains. Elles visent avant tout l’unilatéralisme de l’Administration Bush qui, aux yeux de Berlin, utilise à l’évidence la question de la défense antimissiles comme un coin pour diviser les alliés européens. Au sein de la grande coalition de gouvernement en Allemagne, divers points de vue se sont fait jour après le discours de Vladimir Poutine à Munich en février 2007. Frank-Walter Steinmeier, le ministre des Affaires étrangères, a souligné la nécessité d’une étroite concertation avec la Russie. Un soutien de la position américaine est venu de la CDU, en particulier dans l’appréciation d’une prétendue menace iranienne. Au mois de mars 2007, pour la première fois, la chancelière fédérale Angela Merkel s’exprimait clairement à ce sujet, exigeant « de faire de la défense antimissiles américaine un projet commun à l’OTAN ». [33] Le 20 mai 2008, le ministre de la « Défense » Franz Josef Jung, lors d’une rencontre en Pologne avec son homologue polonais Bogdan Klich, s’est prononcé pour un bouclier antimissiles de l’OTAN. Le ministre a souligné que l’Allemagne était favorablement disposée envers une capacité de l’OTAN à déployer une défense antimissiles à laquelle seront intégrés les éléments américains projetés en Europe ».[34]

Il est toutefois plus qu’invraisemblable que les États-Unis cèdent à l’OTAN la maîtrise sur des éléments de leur défense antimissiles nationale. Qui plus est, une telle arme sous commandement de l’OTAN ne serait guère une moindre menace pour la Russie : « Même intégrée à l’OTAN , une défense antimissiles américaine en Europe de l’Est n’en reste pas moins un danger pour la Russie, comme le déclarait lundi à Moscou le porte-parole officiel du ministère russe des Affaires étrangères, Andreï Nesterenko. ‘Toutes les variantes de la défense antimissiles en Europe intégreront, selon le communiqué (des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN ), le système défensif prévu en Pologne et en République tchèque, lequel représente un potentiel antirusse’. » [35] Ainsi donc, de là à soupçonner que cette proposition est davantage un genre de subterfuge de propagande pour convaincre l’opinion publique du ‘bien-fondé’ d’une défense antimissiles de l’OTAN, il n’y a qu’un pas. » [36]

Pendant ce temps, les recherches et analyses de la Bundeswehr sur la défense antimissiles vont bon train. C’est ainsi que la Luftwaffe par exemple effectue « actuellement ses propres études nationales sur l’architecture système et l’analyse des coups au but à de très hautes altitudes ». [37] Quant à l’industrie des armements, elle proclame haut et fort ses intérêts. « En Allemagne, toutes les technologies nécessaires au développement et à la production d’un potentiel TMD (Theater Missile Defense) sont par conséquent disponibles. » [38]

La défense antimissiles à un tournant ?

« Bush laisse un terrain miné », écrivait l’agence de presse russe RIA Novosti le 1er novembre 2008. De fait, « Bush junior a pris ses fonctions avec une équipe qui, dans sa majorité, était plus unilatéraliste et, davantage qu’aucune autre administration américaine par le passé, résolument fixée sur une supériorité militaire américaine. » [39] Une plus grande souplesse et l’association plus étroite des alliés au sein de l’OTAN sont attendues de Barack Obama et de son équipe. Cependant, précisément le « charisme démocratique » d’Obama pourrait élargir la marge de manœuvre de George W. Bush junior et permettre à la nouvelle direction américaine « d’afficher si nécessaire une implacable et indubitable fermeté ».[40]

Alors que l’Administration Bush a mené tambour battant le déploiement d’un système de défense antimissiles en Europe, des discussions sont menées au sein de l’équipe Obama pour définir les dotations prioritaires de l’armée américaine. Deux points sont en débat : premièrement, l’efficacité de la défense antimissiles reste controversée. Sans doute le Pentagone a-t-il fait publiquement état, début décembre 2008, du huitième test réussi d’une défense antimissiles, mais certains experts doutent de la réalité des conditions d’expérimentation. En outre, un système antimissiles reste relativement facile à forcer par une simple augmentation du nombre de cibles. Il peut alors s’agir de missiles à têtes multiples ou d’une multitude de leurres. Le second point concerne le dérapage incontrôlé des coûts du programme de défense antimissiles. Un laboratoire à idées du Parti démocrate, le « Washingtoner Center For American Progress », chiffrait récemment à 25 milliards de dollars les économies réalisables grâce à l’abandon du projet. Conclusions de son rapport intitulé « Développement des forces armées au XXIe siècle : réalités et priorités nouvelles » : « Il faut suspendre la mise en œuvre du programme antimissiles jusqu’à ce que son efficacité ait été démontrée par des tests réalistes. » [41]

Peut-être donc la mise à exécution du programme sera-t-elle ralentie. Toutefois, il serait illusoire d’en conclure que la défense antimissiles sera enterrée sous la présidence de Barack Obama. Au contraire, ce dernier souhaite un système « performant », « efficient en termes de coûts » et qui fonctionne. Mais avant tout, l’Administration Obama devrait sans doute pousser les membres européens de l’OTAN à prendre en charge une part des immenses coûts de ce système. La Russie – mais aussi les « États voyous » visés par cette stratégie nucléaire – ne toléreront pas sans mot dire cette stratégie agressive et prendront des mesures de rétorsion. Si donc l’OTAN, lors du Sommet d’avril 2009, devait mettre son projet à exécution et accélérer le déploiement d’un bouclier antimissiles, la course aux armements risque d’être relancée.

Appendice : Le réseau du lobby pour la défense antimissiles

Les auteurs de l’étude « Towards a Grand Strategy for an Uncertain World » sont intimement impliqués dans réseau du lobby des armements et du nucléaire. Après sa carrière militaire, John Shalikashvili fut directeur chez Boeing, un groupe qui construit entre autres des missiles porteurs d’armes nucléaires des États-Unis. Jacques Lanxade a travaillé pour le constructeur d’armements EADS qui fournit le nouveau missile M51 destiné aux forces nucléaires françaises. Lord Inge et Klaus Naumann sont membres du conseil de surveillance de la Sté OWR AG qui livre aux militaires du monde entier (en particulier de l’armée américaine) des systèmes de protection et de décontamination atomique, biologique, bactériologique et chimique.

.Aux États-Unis tout particulièrement, la politique – militaire avant tout – n’est pas l’apanage de la seule Maison Blanche. Énorme est le pouvoir du complexe militaro-industriel, du Pentagone et de l’industrie des armements, des thinks tanks et des laboratoires d’armes nucléaires qu’ils financent. Même le gouvernement dirigé par le président démocrate Bill Clinton a dû payer un tribut à cette influence. Sa tentative de modifier radicalement la stratégie américaine de guerre nucléaire, le dimensionnement et la structure des forces nucléaires a été réduite à néant par une « fronde de la bureaucratie militaire ». Dans ce domaine règne « l’interdiction pratique d’une pensée alternative », le contrôle civil et les principes démocratiques sont invalidés. [1]

En son temps, Clinton a dû faire machine arrière et accepter une Nuclear Posture Review qui maintenait en service la triade composée de bombardiers, de missiles intercontinentaux et de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, qui prévoyait une réserve d’ogives supérieure aux limitations du Traité START II et, qui pour la première fois, menaçait d’utiliser l’arme atomique contre des pays ne disposant eux-mêmes pas de telles armes. Un document-clé relatif à la défense antimissiles, le « National Missile Defense Act of 1999 », porte la signature du président démocrate Bill Clinton. Citation : « Il est dans la politique des États-Unis de développer aussi rapidement que la technologie le permettra un système national efficace de défense antimissiles qui soit en mesure de défendre le territoire des États-Unis contre des attaques limitées de missiles balistiques. » [2]

Certains observateurs s’attendent à ce que « le consensus politique bipartisan » se prolonge sur ce sujet de la défense antimissiles. « Mais plus important encore, les budgets constants de 9 à 10 milliards de dollars par an ont généré un énorme réseau étroitement tissé (…). Ce solide réseau d’acteurs et d’intéressés a métamorphosé ‘l’animal ABM-SDI-BMD-MD’ en un dinosaure insatiable qui réclame constamment de la nourriture. » [3] Pour des géants américains de l’armement comme TRW, Raytheon et Lockheed (mais aussi pour des firmes de l’armement comme Thalès, Diehl et EADS dans l’UE), l’enjeu est énorme. Depuis le milieu des années 1980, les États-Unis ont dépensé au total plus de 110 milliards de dollars pour la défense antimissiles. »[4] Ces groupes feront tout pour sauvegarder leurs prébendes et les perspectives de profits futurs, et même dans l’équipe d’Obama, il devrait sans doute se trouver suffisamment de personnes pour les appuyer en ce sens.

A[1] Harald Müller, Annette Schaper : US-Nuklearpolitik nach dem Kalten Krieg (La politique nucléaire des États-Unis après la guerre froide »), op.cit.

A[2] www.whitehouse.gov/news/releases/2003/05/20030520-15.html

A[3] Bernd W. Kubbig : Has Missile Defense Up to Its Promises? State o the Art, Transatlantic Relations and International Challenges, Berlin, 24 juin 2008.

A[4] Center for Security Studies (CSS) : US-Raketenabwehr: Eine strategische Herausforderung für Europa (La défense antimissiles américaine, défi stratégique pour l’Europe) ; Analysen zur Sicherheitspolitik n° 12, Zurich, avril 2007.

Remarques :

[1] Alexander Bitter : Die NATO und die Raketenabwehr. Implikationen für Deutschland vor dem Gipfel in Bukarest 2008, (L’OTAN et la défense antimissiles. Implications pour l’Allemagne avant le Sommet de Bucarest), étude de la Fondation Science et Politique (SWP), octobre 2007.

[2] Le projet MEADS a été adopté par le Bundestag allemand en avril 2005 avec les voix du SPD, des Verts et de la CDU/CSU. Son efficacité est contestée. D’après le plan de la Bundeswehr pour 2006, son coût sera d’environ 3,8 milliards d’euros, alors que la Cour fédérale des comptes l’estime à plus de 6 milliards d’euros. Cf. par ex. Bernd W. Kubbig : Raketenabwehrsystem MEADS: Entscheidung getroffen, viele Fragen offen (Système de défense antimissiles MEADS : la décision prise laisse de nombreuses questions en suspens), Rapport 10/2005 de la HSFK (Fondation d’irénologie et de conflictologie du Land de Hesse).

[3] La société Science Applications International Corporation (SAIC/USA) a été chargée de diriger le consortium dont font par ailleurs partie Boeing (États-Unis), Diehl (Allemagne), EADS ST (France), IABG (Allemagne), TNO (Pays-Bas), Raytheon (États-Unis), Alenia Spazio (Italie) et Thalès (France).

[4] Alexander Bitter: Die NATO und die Raketenabwehr … (L’OTAN et la défense antimissiles … ). Tous les chiffres relatifs aux coûts de la défense antimissiles européenne reposent sur des estimations grossières, comme le concède dans son étude la Fondation Science et Politique (SWP). D’autres scénarios encore considèrent que le total des coûts sera de 50 milliards d’euros.

[5] Déclaration du Sommet de Bucarest, 3 avril 2008, point 37.

[6] Alexander Bitter : Die NATO und die Raketenabwehr … (L’OTAN et la défense antimissiles …).

[7] Le Concept stratégique de l’Alliance, 24 avril 1999, point 62.

[8] Cf. par ex. Marylia Kelley : Das Kernwaffenprogramm der USA: eine Herausforderung für Abrüstungsbemühungen (Le programme nucléaire des États-Unis : défi lancé aux efforts de désarmement), Wissenschaft und Frieden n° 1/2005.

[9] Cf. par ex. Jürgen Wagner : Vom Containment zur Pax Americana: Die Nationale Sicherheitsstrategie der USA (De la politique d’endiguement à la Pax Americana : la stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis), Sozialismus, novembre 2002.

[10] Harald Müller, Annette Schaper : US-Nuklearpolitik nach dem Kalten Krieg (La politique nucléaire des États-Unis après la guerre froide), Rapport 3/2003 de la HSFK (Fondation d’irénologie et de conflictologie du Land de Hesse).

[11] Robert Kagan, William Kristol : The Present Danger in The National Interest, n° 59, printemps 2000. Cité ici d’après Thomas Mitsch, Jürgen Wagner : Erstschlag und Raketenabwehr: Die nukleare Dimension des neuen Kalten Krieges und die Rolle der NATO (Première frappe et défense antimissiles : la dimension nucléaire de la nouvelle guerre froide et le rôle de l’OTAN ), AUSDRUCK – Das IMI-Magazin juin 2007.

[12] Martin Deuerlein : Zwischen atomarer Abrüstung und atomarer Aufrüstung: Die amerikanischen Programme für neue nukleare Gefechtsköpfe (Entre armement et désarmement nucléaire : programmes américains pour de nouvelles têtes nucléaires), papier de discussion du Groupe de recherches politique de sécurité, Fondation Science et Politique, novembre 2008.

[13] Naumann, Klaus et al. : Towards a Grand Strategy for an Uncertain World: Renewing Transatlantic Partnership, http://www.worldsecuritynetwork.com/documents/3eproefGrandStrat(b).pdf

[14] Markus Frenzel : Einsatzoption Atombombe? (La bombe atomique, une option envisageable ?), magazine de l’ARD « Fakt » du 21 avril 2008, manuscript de l’émission http://ww.mdr.de/fakt/5443020.html

[15] Ibid.

[16] Traynor, Ian : Pre-emptive nuclear strike a key option, Nato told in Brussels, The Guardian, 22 janvier 2008.

[17] Le Canard Enchaîné : Les minibombes nucléaires à l’ordre du jour du Sommet, DPA, 2 avril 2008.

[18] Fondation Konrad-Adenauer : Raketenabwehr in Europa – die Diskussion in den USA, Tschechien, Polen und Russland (Défense antimissiles en Europe – Le débat aux États-Unis, en République tchèque, en Pologne et en Russie), papier de discussion, août 2007.

[19] Gerhard Mangott, Martin Senn : Rückkehr zum Kalten Krieg? Das russländisch-amerikanische Zerwürfnis über die Raketenabwehr in Osteuropa, (Retour à la guerre froide ? La dissension russo-américaine à propos de la défense antimissiles en Europe de l’Est), IPG 3/2007.

[20] Frank Elbe, Ulrich Weisser : Der Raketenstreit wächst sich zu einer internationalen Krise aus (La querelle des missiles dégénère en crise internationale), DGAP-Standpunkt (Publication de la Deutsche Gesellschaft für Auswärtige Politik e.V.), juin 2007.

[21] Keir A. Lieber, Daryl G. Press : The Rise of U.S. Nuclear Primacy, Foreign Affairs, mars/avril 2006.

[22] Götz Neuneck, Jürgen Altmann : US-Raketenabwehr – Ein Danaer-Geschenk für Europa und die Welt?

(La défense antimissiles américaine, cadeau empoisonné pour l’Europe et le pour monde ?), Wissenschaft und Frieden, n° 1/2008.

[23] Wolfgang Kötter : Großer Lauschangriff auf den russischen Bären (L’Ours russe sur table d’écoutes), Freitag n° 43/2007.

[24] Ibid.

[25] Gerhard Mangott, Martin Senn : Rückkehr zum Kalten Krieg … (Retour à la guerre froide …).

[26] Spiegel online, 2 avril 2007.

[27] Gerhard Mangott, Martin Senn : Rückkehr zum Kalten Krieg … (Retour à la guerre froide …).

[28] Ibid.

[29] Ibid.

[30] La décision prise par l’OTAN le 12 décembre 1979 se solda par le déploiement en Allemagne de 108 missiles nucléaires Pershing-2 de moyenne portée. En réduisant à cinq minutes la durée du vol jusqu’à Moscou, c.‑à‑d. pratiquement sans délai d’alerte et sans concertation possible en cas de mise à feu accidentelle, ces missiles de moyenne portée faisaient planer une menace stratégique sur l’Union soviétique.

[31] Restitution intégrale du discours de Poutine à Munich, RIA Novosti, 13 février 2007,

http://de.rian.ru/analysis/20070213/60672011.html

[32] RIA Novosti, 5 novembre 2008.

[33] Neue Zürcher Zeitung, 14 mars 2007.

[34] Le ministre de la Défense Franz Josef dresse un bilan intermédiaire positif pendant sa visite en Pologne, Ministère fédéral de la Défense, communiqué de presse, 20 mai 2008.

[35] RIA Novosti, 8 décembre 2008.

[36] Thomas Mitsch, Jürgen Wagner : Erstschlag und Raketenabwehr… (Première frappe et défense antimissiles…).

[37] Newsletter Défense, n° 13/semaine 44, 28 octobre 2008, www.gdm-verlag.de/frames/books/books.htm

[38] Op. cit.

[39] Harald Müller, Annette Schaper : US-Nuklearpolitik nach dem Kalten Krieg… (La politique nucléaire des États-Unis après la guerre froide …).

[40] Richard Herzinger : Amerikas erneuerter Missionsauftrag (Mission renouvelée pour l’Amérique), Welt am Sonntag, 9 novembre 2008.

[41] Junge Welt, 12 décembre 2008.

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